Obtenir un diplôme devrait ouvrir les portes de l’avenir. Pourtant, pour de nombreux jeunes, le passage de la formation à la vie professionnelle reste une étape difficile à franchir.
C’est l’expérience qu’ont vécue sept jeunes diplômés du Centres de Formation Professionnelle (CFP) de Louga. Après avoir obtenu leur Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP), ils étaient qualifiés, formés et prêts à exercer leur métier. Mais entre les compétences acquises et la possibilité réelle de travailler, un obstacle demeurait : le manque de moyens pour démarrer.
Sans équipement professionnel et avec des opportunités d’emploi limitées, leur diplôme risquait de rester une qualification sur le papier, sans pouvoir devenir une véritable source de revenus et d’autonomie.
C’est là qu’intervient le Projet de Formation Professionnelle et d’Insertion (PFPI), financé par la Fondation Mastercard et mis en œuvre par EDC-Sénégal, est venu créer une passerelle entre la formation et l’insertion des jeunes.
Donner aux jeunes les moyens de commencer
Pour accompagner les jeunes à la sortie des CFP, le PFPI a mis en place un fonds d’amorçage destiné à soutenir le lancement d’activités génératrices de revenus (AGR).
Pour ces sept jeunes de la région du Ndiambour, cette opportunité a représenté bien plus qu’un appui financier. Elle leur a donné la possibilité d’essayer, d’entreprendre et surtout de commencer à construire leur propre solution face aux difficultés d’insertion.
Ils ont choisi ensemble de se lancer dans l’embouche ovine. Grâce aux revenus générés par cette activité, ils ont pu réaliser des bénéfices et, surtout, faire un choix déterminant : réinvestir une partie de ces revenus dans leur avenir professionnel.
Pour la majorité, ce réinvestissement a pris la forme d’une machine à coudre, outil indispensable pour exercer leur métier et envisager progressivement une activité indépendante.
Ainsi, une activité initiée avec l’appui du projet a permis de financer un équipement professionnel. Et cet équipement ouvre à son tour la voie vers une activité plus directement liée à leur formation.
C’est là que se trouve toute la force de leur parcours : l’appui reçu ne s’est pas arrêté au financement d’une première activité. Il a contribué à créer une dynamique dans laquelle les jeunes peuvent générer, réinvestir et progressivement renforcer leurs propres moyens de production.
Une jeune diplômée transforme son savoir-faire en entreprise
Parmi ces sept parcours, celui d’une jeune femme formée en pédicure-manucure au CFP de Louga illustre avec particulièrement de force cette dynamique.
Comme les autres bénéficiaires, elle a commencé par l’embouche ovine. Les revenus tirés de cette activité lui ont ensuite permis d’investir dans le matériel nécessaire à son projet professionnel.
Aujourd’hui, elle prépare et développe son propre complexe de beauté et d’esthétique. Elle y propose des soins du visage, de la manucure, de la pédicure, du gommage corporel et du maquillage professionnel. Elle offre également des prestations à domicile, allant à la rencontre de ses clientes et élargissant ainsi progressivement son marché.
Derrière cet investissement matériel se trouve une transformation plus profonde : une jeune diplômée qui rencontrait des difficultés à s’insérer professionnellement dispose désormais des moyens de créer elle-même son opportunité.
Son parcours rappelle qu’un accompagnement pertinent ne consiste pas seulement à donner des ressources. Il consiste à permettre à une personne de retrouver une capacité d’action, de faire des choix et de croire à nouveau dans la possibilité de construire son avenir.
De la qualification à l’autonomie
Les parcours de ces sept jeunes témoignent d’une réalité essentielle : la formation professionnelle est une porte d’entrée vers l’emploi, mais beaucoup de jeunes ont besoin d’un accompagnement supplémentaire pour pouvoir franchir cette porte.
Le PFPI a contribué à créer cette passerelle car avant son intervention, des jeunes disposaient d’un diplôme mais faisaient face aux difficultés d’accès à l’emploi et aux moyens de production. Avec l’appui du projet, des jeunes comme ceux du CFP de Louga ont pu démarrer une activité, générer des revenus et transformer ces revenus en investissements professionnels et personnels.
Avec ces machines à coudre, le matériel d’esthétique ou les activités d’embouche, il y a quelque chose de plus important encore : la confiance retrouvée dans leur capacité à avancer par eux-mêmes.
Investir dans les parcours, construire des possibilités.