À Médina Ndiadbe, dans le nord du Sénégal, 35 femmes du Groupe Sioure Thiambe ont longtemps fait face à une même réalité : l’absence de revenus réguliers et des possibilités limitées de développer leurs propres activités économiques.
Aujourd’hui, elles parlent de leur avenir avec davantage de confiance. Non pas parce que les difficultés ont disparu, mais parce qu’elles ont appris à se mobiliser, à entreprendre et à compter sur leurs propres forces.
Cette dynamique a été impulsée par l’accompagnement du Programme de Formation professionnelle et d’Insertion (PFPI), mis en œuvre par EDC-Sénégal avec l’appui financier et technique de la Fondation Mastercard. Grâce au financement reçu, les femmes ont pu saisir une première opportunité dans la riziculture.
Le financement étant arrivé alors que la campagne rizicole était déjà bien avancée, le groupe a fait preuve de patience et de pragmatisme. Plutôt que de renoncer, les femmes ont attendu la période de récolte pour investir 500 000 FCFA dans l’achat de sacs de riz destinés à la revente.
Le pari s’est révélé payant : l’opération leur a permis de générer 250 000 FCFA de bénéfices.
Mais pour ces femmes, la véritable réussite ne se limite pas à ce premier bénéfice. Elles ont surtout compris qu’en se mobilisant collectivement, elles pouvaient créer des opportunités là où elles n’en avaient pas auparavant.
De bénéficiaires à actrices de leur propre développement
Forte de cette première expérience, le Groupe Sioure Thiambe a mis en place un mécanisme destiné à renforcer l’engagement et la responsabilisation de chacune de ses membres.
Chaque femme reçoit ainsi 25 000 FCFA pour développer sa propre activité génératrice de revenus. Au bout de trois mois, elle rembourse le montant reçu et verse 2 500 FCFA supplémentaires dans la caisse du groupe.
Ce système permet aux femmes de disposer individuellement d’un petit capital pour entreprendre, tout en alimentant progressivement une caisse collective qui pourra servir à soutenir de nouvelles initiatives.
La démarche crée ainsi un cercle vertueux : une femme entreprend, rembourse, contribue à la caisse et permet à la dynamique collective de continuer.
Pour ces 35 femmes, le financement du PFPI n’a donc pas été seulement un appui financier. Il a constitué un point de départ, une première porte ouverte vers l’entrepreneuriat et l’autonomie économique.
Donner en retour à la communauté
L’engagement des femmes du Groupe Sioure Thiambe ne s’arrête pas à leurs activités économiques.
Conscientes que le développement de leur communauté repose également sur leur implication citoyenne, elles ont organisé une activité de reboisement du dispensaire du village, contribuant ainsi à améliorer leur cadre de vie et celui de toute la communauté.
Cette initiative témoigne d’une réalité importante : l’autonomisation économique peut aussi renforcer l’engagement citoyen et la capacité des communautés à agir pour leur propre développement.
Aujourd’hui, ce groupement de femmes de Sioure Thiambe ne voient plus le financement comme une simple aide reçue. Elles l’ont transformé en levier pour entreprendre, apprendre à gérer, épargner et se projeter.
Et lorsqu’on lui demande ce que cet accompagnement représente pour son groupe, la présidente résume leur parcours avec une phrase simple, mais lourde de sens :
« Jaraama* EDC-Sénégal qui nous a appris à marcher. »
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Une reconnaissance qui traduit l’essentiel de leur histoire : le PFPI leur a donné l’impulsion, mais ce sont les femmes de Sioure Thiambe qui ont choisi de se mettre en mouvement.